La prise en charge de la LLC, dans le cas où le ou la patient(e) ne présente pas de symptômes, nécessite la mise en place d’une stratégie de surveillance. La surveillance permet d’éviter de recourir à un traitement et d’exposer le patient à leurs effets indésirables. Elle repose sur un examen clinique et sur la prescription d’un hémogramme afin de détecter une évolution de la maladie. 
Au cours de la visite, le médecin examine les aires ganglionnaires et s’assure qu’il n’y a pas une augmentation de volume de la rate et du foie. Ces rendez-vous de surveillance se font généralement deux fois par an si l’évolution est jugée lente.1

Il est important que le patient prenne contact avec le médecin s’il observe les signes suivants1

  • Une perte de poids
  • Une fièvre persistante
  • Une sensation de fatigue significative

Ces symptômes peuvent être le signe d’une infection pouvant nécessiter un traitement adapté ou peuvent marquer une évolution de la LLC.

La LLC est susceptible d’entraîner des complications qui peuvent en plus être accentuées par certains traitements. Ces complications, plus particulièrement infectieuses ou auto-immunes, nécessitent une prise en charge.1

  • Complications infectieuses :
    • Les infections bactériennes, touchant principalement les voies respiratoires, sont le résultat de la production en faible quantité d’anticorps ou de la baisse du nombre de certains globules blancs.1
    • Les infections dues à des virus (tels que ceux du zona ou de la varicelle) ou des champignons (comme la pneumocystose pulmonaire) peuvent être liées à la diminution du nombre de lymphocytes T par certains traitements.1
    Dans tous les cas, il est indispensable de consulter le médecin traitant en cas de survenue d’une fièvre chez un patient atteint de LLC.1
  • Complications auto-immunes : elles résultent d’une agression de l’organisme par son propre système immunitaire. Ce dernier peut alors agir contre les globules rouges et/ou les plaquettes et provoquer ainsi une baisse du nombre de ces cellules dans le sang ou cytopénie. Le lien entre la LLC et la cytopénie d’origine auto-immune est clairement établie.7
    L’anémie secondaire à la diminution du nombre de globules rouges se manifeste par une fatigue et un essoufflement. La thrombopénie due à une baisse des plaquettes peut entraîner un risque accru d’apparition d’hématomes et de saignements. L’apparition de ces signes doit faire suspecter, chez un patient suivi pour LLC, une cytopénie auto-immune et nécessite une prise en charge adaptée.1

La LLC est une pathologie chronique qui peut avoir un impact sur la qualité de vie. 
Cet impact peut affecter et prendre différents aspects :

  • La fatigue est une plainte fréquemment retrouvée chez les patients atteints de LLC. Il existe plusieurs moyens pour la réduire14 :
    • Sensibiliser le patient et ses proches à cette conséquence de la maladie
    • Encourager à faire des exercices physiques adaptés à sa condition physique
    • Diversifier ses activités afin qu’il(elle) soit constamment stimulé(e)
    • Prendre soin de soi-même (alimentation, hydratation et sommeil) 
  • La modification de l’image corporelle dont les plus fréquentes sont l’augmentation de la taille du tour de cou, l’alopécie ou encore l’atteinte des cils et sourcils.14 Ces modifications peuvent être appréhendées avec l’aide d’une socio-esthéticienne 12
  • Les traitements utilisés contre la LLC peuvent provoquer des troubles à type de nausées ou de vomissements. Elles peuvent être prévenues grâce à un traitement antiémétique 1
  • Un suivi psychologique peut être nécessaire chez certains patients atteints de LLC. En effet, elle provoque parfois une souffrance psychologique due notamment à la méconnaissance de la pathologie, la difficulté à communiquer avec ses proches ou la perception parfois négative de soi1

Bien d’autres aspects pourraient être évoqués comme l’altération de la vie sexuelle, l’adaptation du régime alimentaire etc.14,15  D’où l’importance des soins de support pour guider votre patient et son entourage dans son parcours de soins et de vie. 

La maladie et les traitements peuvent entraîner des besoins nutritionnels plus importants. L’augmentation de ces besoins peut conduire à une perte de poids parfois importante voire une dénutrition.16

L’état nutritionnel doit en conséquence être surveillé tout au long de la prise en charge du patient. Un accompagnement nutritionnel adapté devrait lui être aussi préconisé avec l’aide d’un diététicien.1,16

Plusieurs conseils au quotidien peuvent lui être prodigués16 :

  • Augmenter le nombre de repas quotidiens : idéalement, au minium 5 petits repas par jour
  • Augmenter la durée des repas et la mastication afin de faciliter le passage des aliments tout au long du tube digestif
  • Adapter la texture des repas. Par exemple, privilégier des aliments mous ou liquides pour les patients souffrant de dysphagie
  • Enrichir les aliments avec des matières grasses crues (beurre, huile d’olive …) ou l’ajout d’aliments sucrés (sauf contre-indication)
  • Maintenir des apports suffisants en protéines afin de maintenir la masse musculaire
  • Boire 1,5L de boissons par jour : eau, thé, infusion, café …
  • Éviter l’alcool et le tabac
  • Maintenir une activité physique adaptée


  1. Cancer info, Inca. La prise en charge de la leucémie lymphoïde chronique. 2015. (Guides patients). 
  2. HAS. ALD n°30 - Leucémie Lymphoïde Chronique [Internet]. 2012. Disponible sur: https://www.has-sante.fr/jcms/c_1096149/fr/ald-n-30-leucemie-lymphoide-chronique
  3. Gomes LC, Ferrão ALM, Evangelista FCG, de Almeida TD, Barbosa RC, Carvalho M das G, et al. Advances in chronic lymphocytic leukemia pharmacotherapy. Biomed Pharmacother Biomedecine Pharmacother. janv 2018;97:349‑58. 
  4. Defossez G, al. Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018 [Internet]. 2019 mars. Disponible sur: https://www.santepubliquefrance.fr/content/download/190588/2335055
  5. Institut National du Cancer. Les cancers en France - Edition 2015. 2015. 
  6. Alain Monnereau et al. Survie des personnes atteintes de cancer en France métropolitaine 1989-2013. 2016. 
  7. Hallek M, Cheson BD, Catovsky D, Caligaris-Cappio F, Dighiero G, Döhner H, et al. iwCLL guidelines for diagnosis, indications for treatment, response assessment, and supportive management of CLL. Blood. 21 juin 2018;131(25):2745‑60. 
  8. Troussard X. Diagnostic, pronostic et traitement chez les patients avec une leucémie lymphoïde chronique. Immuno-Anal Biol Spéc. 1 oct 2007;22(5):313‑8. 
  9. Hallek M et al. Chronic Lymphocytic Leukemia. The Lancet 2018
  10. Mougalian SS et O’Brien S. Adverse Prognostic Features in Chronic Lymphocytic Leukemia. Cancer Network 2011
  11. SILLC. La Leucémie Lymphoïde Chronique (LLC) [Internet]. [cité 23 nov 2020]. Disponible sur: https://www.sillc-asso.org/613_p_29712/la-leucemie-lymphoide-chronique.html
  12. Inca. Les prises en charge possibles - La prise en charge de la leucémie lymphoïde chronique [Internet]. [cité 23 nov 2020]. Disponible sur: https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Les-cancers/La-prise-en-charge-de-la-leucemie-lymphoide-chronique/Les-prises-en-charge-possibles
  13. Inca. Comprendre la chimiothérapie, collection Guides patients Cancer info, octobre 2008. Mise à jour en septembre 2011
  14. SILLC. Qualité de Vie [Internet]. [cité 1 déc 2020]. Disponible sur: https://www.sillc-asso.org/613_p_29715/qualite-de-vie.html
  15. Inca. Qualité de vie [Internet]. 2020 [cité 1 déc 2020]. Disponible sur: https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie%20/
  16. Inca. Soyez attentif à votre état nutritionnel - Qualité de vie [Internet]. 2020 [cité 1 déc 2020]. Disponible sur: https://www.e-cancer.fr/Patients-et-proches/Qualite-de-vie/Nutrition

FR-ONCC-200023 - 04/2021