La spondylarthrite axiale (SpA)

Les spondylarthrites représentent un vaste groupe de rhumatismes inflammatoires chroniques 1.

La forme la plus fréquente est la spondylarthrite ankylosante qui appartient aux spondyloarthrites axiales (SpA). On y retrouve également les rhumatismes liés aux MICI (maladie de Crohn, rectocolite hémorragique), les rhumatismes liés au psoriasis et les arthrites dites réactionnelles 2.

La maladie se déclare souvent chez de jeunes adultes entre 16 et 30 ans.

Elle toucherait 150 000 à 200 000 personnes en France dont près de la moitié souffre de formes sévères 1.

Au cours de son évolution, des dommages structuraux et fonctionnels peuvent survenir tels que la rigidification de la colonne (ankylose) et des déformations avec pour conséquence une altération de la qualité de vie 3.

Les premiers signes qui permettent d’évoquer la maladie sont des douleurs chroniques au niveau sacro-iliaque et lombaire qui s’étendent progressivement à toute la colonne. Ces douleurs sont souvent associées à une atteinte des grosses articulations (genou, cheville, épaule) ou de l’attache des tendons 1.

Les symptômes évocateurs sont principalement 4-6 :

  • Douleurs sacro-iliaques et lombaires chroniques 
  • Atteintes des grosses articulations (genou, cheville, épaule)
  • Talalgies (enthésites).

En présence de plaintes récurrentes de douleurs au niveau sacro-iliaque, lombaire et de douleurs nocturnes, inciter le patient à consulter un médecin à la recherche d’une pathologie inflammatoire chronique.

L’établissement d’un diagnostic permettra de mettre en place un traitement approprié et de redonner au patient une meilleure qualité de vie 1.

Le mal de dos depuis plus de 3 mois peut-être le signe d’une SA. Si un patient répond « oui » à au moins 4 questions sur les 5 listées ci-dessous, il souffre probablement d’un mal de dos inflammatoire 6. Vous pouvez alors l’orienter vers son médecin traitant.

1. Votre mal de dos a-t-il commencé lorsque vous aviez moins de 40 ans ?

2. Votre mal de dos s’est-il développé progressivement ?

3. Votre mal de dos s’améliore-t-il lors des mouvements ou des activités ?

4. Remarquez-vous que le repos ne soulage pas votre mal de dos ?

5. Souffrez-vous, durant la nuit, d’un mal de dos qui s’améliore après vous être levé(e) ?

Comme pour d’autres maladies inflammatoires chroniques, la spondylarthrite ankylosante est souvent accompagnée    de comorbidités et de manifestations extra-articulaires.

Comorbidités

Affections cardiovasculaires 7

  • Augmentation de l’incidence des évènements cardiovasculaires
  • Augmentation des facteurs de risque cardiovasculaires vs population générale

Ostéoporose 7

  • Prévalence élevée des fractures vertébrales (fréquence entre 4 et 18,8%)
  • Prévalence élevée d’une diminution de la densité minérale osseuse (18 à 62%)

Manifestations extra-articulaires

  • Uvéites antérieures aiguës 8 : chez 30% à 40% des patients présentant une SA
  • MICI 9,10 : chez 5% à 10% des patients dont 50% à 60% avec des lésions inflammatoires microscopiques intestinales
  • Psoriasis 9 : chez 10% à 25% des patients
  • Enthésite périphérique 11 : chez 25% à 58% des patients

Pour aider au diagnostic, le médecin pourra pratiquer des examens biologiques à la recherche d’une inflammation chronique (VS, CRP). Une recherche d’antigène HLA-B27 (présent chez 60 à 90% des malades) peut conforter la présomption de spondyloarthrite.

Les examens d’imagerie sont nécessaires mais pas toujours suffisants car des modifications caractéristiques peuvent apparaître tardivement 1.

En présence de signes cutanés (psoriasis) ou de plaintes abdominales récurrentes (diarrhées, douleurs, crampes), inciter le patient à consulter un spécialiste.

En cas de douleur et de rougeur de l’oeil, recommander de consulter un ophtalmologue en urgence. Il existe un risque d’uvéite.

En raison du caractère potentiellement grave de la maladie, avec une réduction de l’espérance de vie, il est souhaitable que le diagnostic et la prise en charge soient les plus précoces possibles13.

Les objectifs de la prise en charge sont :

  • Préserver ou restaurer les capacités fonctionnelles, l’autonomie et la participation sociale des patients
  • Améliorer la qualité de vie
  • Contrôler les symptômes et l’inflammation
  • Lutter contre la douleur, la raideur et le retentissement fonctionnel de la maladie
  • Prévenir les dommages structuraux

Traitements non médicamenteux 4,12,13

Les traitements physiques :

  • Kinésithérapie : masso-kinésithérapie pour la rééducation et réadaptation, balnéothérapie.
  • Ergothérapie : apprentissage des règles de protection articulaire, choix ou confection des aides techniques, aménagement de l’environnement.
  • Pédicure/Podologie : prise en charge des anomalies unguéales et hyperkératoses, orthèses plantaires.
  • Appareillage : cannes, béquilles, déambulateur.
  • Chirurgie

L’éducation thérapeutique : l’information et l’éducation à la santé font partie intégrante de la prise en charge.

La prise en charge diététique :  l’arrêt du tabac doit être systématiquement préconisé.

L’activité physique : elle doit être encouragée. Les exercices à domicile, en particulier les programmes spécifiques d’auto-exercices, sont préconisés.

Traitements médicamenteux 7

Les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens) sont proposés en première intention, associés ou non à d’autres antalgiques. Lorsque les traitements conventionnels ne suffisent pas à controler l’activité de la maladie, des traitements par biothérapies sont envisagés.

IL : Interleukines

Pour les patients traités par immunosuppresseurs et en raison du risque d’infections, insister sur la nécessité de consulter le médecin traitant ou le rhumatologue en cas d’apparition de fièvre ou de tout autre signe suggérant une infection.

Un suivi régulier permet d’améliorer la qualité de vie du patient en atténuant la douleur, l’enraidissement et la fatigue.
En l’absence d’urgence, le rythme recommandé est de 1 à 2 consultations par an avec un rhumatologue 14.


Remis patient sur la spondyloarthrite axiale

Pour vous aider au comptoir, n’hésitez pas à télécharger cette brochure pour expliquer au patient sa pathologie.

  1. Inserm. Spondylarthrite. Disponible sur le site : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/spondyloarthrites consulté le 17/06/2019. 
  2. El Maghraoui A. Les manifestations extra-articulaires de la spondylarthrite ankylosante. Réalités en rhumatologie.2011 ; 32 : 45-8.
  3. Azeltine M, tremblay JL. Spondyloarthropathies (spondylarthrites) : approche diagnostique et thérapeutique. Le rhumatologue. 2010; 8 : 1-12.
  4. HAS. Guide affection de longue durée. Spondylarthrite grave. Décembre 2008.
  5. Rudwaleit M et al. How to diagnose axial spondylarthritis early ? Ann Rheum Dis. 2004;63(5):535-43.
  6. Sieper J et al. The Assessment of SpondyloArthritis International Society (ASAS) handbook: a guid to assess spondyloarthritis. Ann. Rheum. Dis. 2009;68:ii1-ii4.
  7. Blanchais A et al. Comorbidités et spondyloarthrite. Revue du rhumatisme monographies 2014;81:244–248.
  8. Braun J et al. Decreased Incidence of Anterior Uveitis in Patients With Ankylosing Spondylitis Treated With the Anti–Tumor Necrosis Factor Agents Infliximab and Etanercept. Arthritis & rheumatism. 2005;52(8):2447–2451.
  9. El Maghraoui A. Extra-articular manifestations of ankylosing spondylitis Prevalence characteristics and therapeutic implications. Eur J Intern Med. 2011;22(6):554-60.
  10.  Rudwaleit M et Baeten D. Ankylosing spondylitis and bowel disease. Best Prac Res Clin Rheumatol. 2006;20(3):451-471.
  11. D’Agostino MA et Olivieri I. Enthesitis. Best Practice Res Clin Rheumatol. 2006;20(3):473-486.
  12. HAS. Guide affection longue durée. La prise en charge de votre spondylarthrite. Vivre avec une spondylarthrite. 2008.
  13. Wendling D. et al. Evaluation and management of the patient with suspected inflammatory spine disease. Mayo Clinic Proceedings. 2017;92(4):555-564.
  14. Wendling D. et al. Actualisation 2018 des Recommandations de la Société Française de Rhumatologie (SFR) pour la prise en charge en pratique courante des malades atteints de spondyloarthrite. Revue du rhumatisme. 2018.

FR-IMMR-190092 - Date de publication : 05/2021