Généralités sur la polyarthrite rhumatoïde (PR)

La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie inflammatoire des articulations caractérisée par la fabrication d’auto-anticorps dirigés contre la membrane synoviale. Elle touche plusieurs articulations et se manifeste par des poussées inflammatoires  de durée variable et des périodes d’accalmie 1.

En France, elle touche 0,3 à 0,8% de la population adulte soit environ 200 000 personnes 1.

La PR est deux à trois fois plus fréquente chez les femmes que chez les hommes et apparaît le plus souvent entre 40 et 60 ans. Elle peut être exceptionnellement plus précoce, voire même se déclarer chez l’enfant 1.

En l’absence de traitement, la maladie s’étend et touche progressivement de nouvelles articulations.
Elle aboutit à la déformation ou à la destruction des articulations atteintes 1.

Durant les poussées, les articulations sont gonflées, rouges et douloureuses 2.

Les 1ers signes (douleur inflammatoire) qui permettent d’évoquer la maladie sont 1

  • des douleurs articulaires en fin de nuit
  • un engourdissement et une raideur des articulations le matin (qui dure au moins 30 minutes)
  • des symptômes qui durent depuis plusieurs semaines (au moins 6 semaines)
  • au moins 3 articulations douloureuses au niveau du poignet, des mains ou des doigts
  • une atteinte symétrique (même douleurs à droite et à gauche)
  • des douleurs à la pression sur les articulations des avant-pieds.

En présence de ces symptômes, inciter le patient à consulter rapidement un médecin pour que le diagnostic soit établi et confirme ou non une PR afin que la prise en charge démarre le plus rapidement possible.
C’est avant l’apparition d’atteintes articulaires importantes que les traitements sont les plus efficaces 1.

La maladie qui évolue par poussées est typiquement associée à un syndrome inflammatoire, une atteinte articulaire et inconstamment des manifestations extra-articulaires telles que des nodules rhumatoïdes 3.

Les patients atteints de PR ont un risque plus élevé de développer certaines comorbidités 4.

Syndrome métabolique 7

Diabète de type 2 8

Triade lipidique 9,10

Surpoids et obésité 11

Hypertension artérielle 11

Le diagnostic repose sur l’examen clinique, les bilans sanguin et radiologique 1 :

  • Le bilan sanguin permet de détecter une inflammation avec une éventuelle anémie inflammatoire : la présence ou non du facteur rhumatoïde et d’anticorps anti-CCP.
  • Le bilan d’imagerie débute par une radiographie des mains, des poignets, des pieds et du thorax.

Les examens et les bilans servent ensuite de référence pour suivre l’évolution de la maladie.

Il n’est pas rare de pratiquer également des IRM, des échographies ou des analyses du liquide articulaire pour évaluer les lésions du cartilage.

Les traitements ne permettent pas d’éradiquer la maladie, mais ils ont pour objectif d’améliorer les symptômes et d’obtenir des rémissions prolongées.

Traitements non médicamenteux 2,12

Les traitements physiques :

  • Kinésithérapie : rééducation et réadaptation fonctionnelle.
  • Ergothérapie : règles de protection articulaire (éducation gestuelle ou économie articulaire).
  • Pédicure/Podologie : prise en charge des anomalies unguéales et hyperkératoses.

L’éducation thérapeutique : connaissance et compréhension de la maladie et de ses traitements.

La prise en charge diététique et le maintien d’une activité physique régulière (l’arrêt du tabac doit être systématiquement préconisé).

Les dispositifs médicaux : appareillage :

  • Orthèses et semelles orthopédiques pour réduire la douleur, éviter les déformations articulaires, voire les corriger
  • Attelles
  • Aides mécaniques (cannes, béquilles…) pour améliorer l’autonomie fonctionnelle du patient en réduisant la sédentarité.

Traitements médicamenteux 2,13

Ils consistent en premier lieu à lutter contre la douleur avec des antalgiques, à réduire l’inflammation et à agir contre le désordre immunitaire avec un immunosuppresseur.

Lorsque les traitements conventionnels ne suffisent plus, les médecins peuvent proposer des biothérapies.

Les recommandations thérapeutiques sont éditées par et à destination des rhumatologues.
Toute modification de traitement doit être initiée par le médecin prenant en charge le rhumatisme.
CI : contre-indications
DMARD : disease-modifying anti-rheumatic drug
MTX : méthotrexate

Le suivi des patients atteint de PR consiste à évaluer l’activité de la maladie et rechercher les manifestations extra-articulaires et les comorbidités2.

Il convient d’être particulièrement vigilant sur la présence de signes cardiaques, pulmonaires, neurologiques…

Compte-tenu de la fréquence des comorbidités cardiovasculaires, il est important de corriger les facteurs de risque tels que le tabagisme, l'HTA, l'obésité…

L’équipe officinale occupe une position stratégique pour soutenir et conseiller le patient dans ses démarches en prodiguant écoute et conseil et en proposant des aides, comme par exemple des substituts nicotiniques dans le cadre du sevrage tabagique.

Elle est en première ligne pour rappeler les règles d’hygiène de vie et les facteurs qui doivent alerter lorsque les patients sont sous traitement 1 :

  • Mesures diététiques en cas de corticothérapie au long cours
  • Mises en garde vis-à-vis des événements infectieux en cas de traitement immunosuppresseur.

Enfin, l’équipe peut informer le patient de la nécessité d’une bonne hygiène dentaire en raison des liens établis entre parodontopathies et PR 1.

Remis patient sur la polyarthrite rhumatoïde

Pour vous aider au comptoir, n’hésitez pas à télécharger cette brochure pour expliquer au patient sa pathologie.

  1. Assurance maladie. Polyarthrite rhumatoïde. Disponible sur le site : https://www.ameli.fr/hauts-de-seine/assure/sante/themes/polyarthrite-rhumatoide  consulté le 24/11/2020. 
  2. HAS. Guide Affection Longue Durée. Polyarthrite rhumatoïde évolutive grave. Avril 2008.
  3. Inserm. Polyarthrite rhumatoïde. Disponible sur le site : https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/polyarthrite-rhumatoide  consulté le 11/02/2019.
  4. Dougados M et al. Prevalence of comorbidities in rheumatoid arthritis and evaluation of their monitoring: results of an international, cross-sectional study (COMORA). Ann Rheum Dis 2014;73:62-8.
  5. Soubrier et al. Cardiovascular risk in rheumatoid arthritis. Joint Bone Spine 2014;81(4):298-302.
  6. Agca R et al. EULAR recommendations for cardiovascular disease risk management in patients with rheumatoid arthritis and other forms of inflammatory joint disorders: 2015/2016 update. Ann Rheum Dis 2017;76:17–28.
  7. Chung CP et al. Prevalence of the metabolic syndrome is increased in rheumatoid arthritis and is associated with coronary atherosclerosis. Atherosclerosis 2008;196(2):756-63.
  8. Nicolau J et al. Polyarthrite rhumatoïde, insulino-résistance et diabète. Revue du Rhumatisme 2017;84(1):17-22.
  9. Mauduit S. La triade lipidique, nouvelle frontière pour les traitements hypolipémiants. Réalités en Nutrition et en Diabétologie 2009;21:33-5.
  10. Hansel B et al. Lipid profile and cardiovascular risk in patients with rheumatoid arthritis: Effect of the disease and of drug therapy. Ann Endocrinol 2010;71(4):257-63.
  11. Baghdadi LR et al. The impact of traditional cardiovascular risk factors on cardiovascular outcomes in patients with rheumatoid arthritis: a systematic review and meta-analysis. PLoS One 2015;10(2):e0117952.
  12. HAS. Polyarthrite rhumatoïde : aspects thérapeutiques hors médicaments et chirurgie – aspects médico-sociaux et organisationnels. Mars 2007.
  13. Gaujoux-Viala C. et al. Recommandations de la Société française de rhumatologie pour la prise en charge de la polyarthrite rhumatoïde.Revue du rhumatisme. 2014;81:303-312.

FR-IMMR-190092 - Date de publication : 05/2021