La maladie de Parkinson évolue lentement et progressivement. Durant plusieurs années, des symptôme non moteurs peuvent advenir précocement durant la phase pré-clinique et être annonciateurs de la maladie4. Une diminution de 50 à 60 % des neurones dopaminergiques est observée avant la survenue des signes moteurs6.

 


Évolution5

 

Pendant les premières années de la maladie, l’incapacité motrice peut ne pas être significative, car les symptômes sont généralement unilatéraux et légers.

À mesure que la maladie progresse, l’augmentation de l’incapacité motrice affecte les activités de la vie quotidienne. Cette situation est encore compliquée par le développement de fluctuations motrices et de dyskinésies (dues à un traitement de longue durée par lévodopa).

Au stade avancé de la maladie, les patients ont généralement besoin d’une assistance accrue pour la plupart des activités de la vie quotidienne telles que se nourrir, s’habiller, se tourner dans son lit, se lever de sa place assise, marcher, etc.

D’après Gershnanik, 2010

D’après Gershnanik, 2010



Symptômes


Des symptômes moteurs au 1er plan …


L’expression des signes de la triade parkinsonienne est unilatérale ou asymétrique, asymétrie qui persiste tout au long de la maladie6.

Rigidité de type plastique dite en tuyau de plomb6

Tremblement de repos2,6

Dans 60 à 70% des cas, le tremblement de repos est un signe initial de la maladie.

Akinésie, bradyknésie, hypokinésie2,6

La bradykinésie, l’akinésie et l’hypokinésie se reconnaissent à travers des signes évocateurs :

  • Réduction de la taille des lettres à l’écriture (micrographie),
  • Difficulté à la réalisation des mouvements fins (se raser, boutonner ses vêtements…),
  • Réduction de l’expression du visage (hypomimie),
  • Marche lente et hésitante (à petits pas),
  • Pauvreté des mouvements spontanés (clignement des yeux…),
  • Voix monocorde et monotone,
  • Perte du ballant des bras.

La fréquence des symptômes non moteurs augmente avec l’âge, la durée et la sévérité de la maladie7,8

90% des patients présentent des symptômes non moteurs9

  • La maladie de Parkinson se manifeste également par des symptômes non moteurs, invalidants, trop souvent non évoqués par les patients et présents à tous les stades de la maladie7.
  • Certains d’entre eux, tels que les troubles du comportement en sommeil paradoxal, la dépression, la constipation, les troubles olfactifs peuvent précéder l’apparition des symptômes moteurs de plus d’une décennie7,8.
  • Près de 90% des patients parkinsoniens présentent des symptômes non moteurs de différents types : neuropsychiatriques, dysautonomiques, sensoriels, gastro-intestinaux, troubles du sommeil ou symptômes divers tels que fatigue ou diplopie9.
  • Les symptômes qui semblent avoir l’impact négatif le plus important sont les troubles de l’humeur, l’apathie, les troubles du sommeil et la fatigue10.



Complications

 

La maladie de Parkinson à un stade avancé est caractérisée par l’aggravation des symptômes moteurs et non-moteurs ainsi que la survenue de complications motrices et non motrices. Ces complications ont un impact significatif sur l’autonomie et la qualité de vie des patients. Elles sont la conséquence de l’évolution de la maladie et/ou de la prise de traitements dopaminergiques2.


Fluctuations motrices

 

Elles sont définies par la réapparition intermittente des symptômes moteurs parkinsoniens.

Les fluctuations dites « ON-OFF » consistent en une variation soudaine et imprévisible de la fonction motrice

Le patient oscille constamment entre des périodes où la fonction motrice est augmentée (phase « ON ») et des périodes de blocages correspondant au retour de l’état parkinsonien (phase « OFF »)12.


Dyskinésies

 

Les dyskinésies induites par la lévodopa sont des mouvements anormaux involontaires très handicapants. Elles sont présentes chez 80 à 90% des patients après 10 années de traitement12.

On distingue :

  • Les dyskinésies de milieu ou de pic de dose qui correspondent aux mouvements involontaires essentiellement choréiques et/ou dystoniques, prédominant aux membres supérieurs, coïncidant avec le pic plasmatique de la lévodopa.
  • Les dyskinésies de début/fin de dose ou biphasiques qui correspondent aux mouvements involontaires stéréotypés ou de flexion extension des membres inférieurs avec dystonie très douloureuse, émergeant en début et en fin d’effet du traitement.
  • Les dystonies dites de période « OFF » qui apparaissent quand les niveaux de dopamine sont faibles. Elles sont caractérisées par des postures dystoniques, généralement douloureuses, le plus souvent des membres inférieurs12.

Fluctuations non motrices

 
  • Les fluctuations non motrices sont liées au phénomène « ON/OFF » du traitement9.
  • Les plus fréquentes sont les fluctuations neuropsychiques caractérisées en « OFF » par l’apathie, la dépression, l’anxiété, la bradyphrénie et en « ON » par l’euphorie, l’hypomanie, l’impulsivité et la désinhibition11.
  • La présence de symptômes non moteurs fluctuants est à prendre en compte pour ajuster le traitement dopaminergique9.

D’autres types de complications non motrices peuvent être rencontrées comme le trouble du contrôle des impulsions ou  encore les addictions comportementales.



  1. Bulletin Epidémiologique Hebdomadaire (BEH) 2018. https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2018_8-9.pdf
  2. HAS. Guide du parcours de soins Maladie de Parkinson. Septembre 2016.
  3. CNAM 2017 - CNAMTS/DSES/DEPP & DEOS mise à jour le 09/07/2019 Fiche pathologie « Personnes prises en charge pour maladie de Parkinson en 2017 »
  4. https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/parkinson-maladie
  5. Gershanik O. Clinical problems in late-stage Parkinson’s disease. J Neurol 2010; 257 (Suppl 2) : S288-S291
  6. Maladie de parkinson » - Collège des enseignants de neurologie - Disponible sur : https://www.cen-neurologie.fr/deuxieme-cycle/maladie-parkinson (Consulté le 11.01.2021)
  7. Chaudhuri K et al. Non-motor symptoms of parkinson’s disease : dopaminergic pathophysiology and treatment. Lancet Neurol 2009; 8: 464-74.
  8. Chaudhuri K et al. Non-motor symptoms of parkinson’s disease : diagnosis and management. Lancet Neurol 2006; 5: 235-45.
  9. Storch A et al. Non-motor fluctuations in Parkinson disease : Severity and correlation with motor complications. Neurology 2013; 80 : 800-809
  10. Martinez-Martin P et al. The impact of non-motor symptoms on health-related quality of life of patients with Parkinson’s disease. Mov Disord 2011;26(3):399-406.
  11. Béreau M. et al. Maladie de Parkinson au stade avancé : indication aux traitements complexes. Rev Med Suisse 2018 ; 14 : 875-8.
  12. Bastide M. et Bézard E. Les dyskinésies L-dopa induites dans la maladie de Parkinson. Bull. Acad. Natle Méd., 2015; 199 (2-3) : 201-212
  13. Instruction DGOS/R4 no 2013-403 du 10 décembre 2013 relative aux missions des centres experts à vocation régionale et centres interrégionaux de coordination pour la prise en charge de la maladie de Parkinson et des syndromes parkinsoniens.
  14. Les centres experts / ressources compétences maladies neurodégénératives . https://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/2018-07-17-les_centres_experts_mndv3-2.pdf

FR-NEUR-210003 - 03/2021