Définition


La polyarthrite rhumatoïde (PR) est une maladie rhumatismale auto-immune, inflammatoire, chronique, évoluant par poussées, provoquant des gonflements et des douleurs au niveau des articulations périphériques (principalement les poignets, les mains, et les pieds), déformant et détruisant progressivement les articulations. C’est le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires chroniques. Les manifestations initiales sont caractérisées par des douleurs articulaires associées à un enraidissement matinal et un gonflement articulaire. Il existe typiquement un syndrome inflammatoire, une atteinte articulaire, et inconstamment des manifestations extra-articulaires1.


Épidémiologie


La PR est une maladie fréquente : 
 

La prévalence en France varie entre 0,3 et 0,8% de la population2,3

Elle survient habituellement vers l’âge de 50 ans, mais elle peur survenir à tout âge2,3

Elle touche principalement les femmes (4 femmes pour 1 homme)2,3


La PR altère la qualité de vie du patient, conduit à une incapacité fonctionnelle et à la diffculté d’exercer une activité professionnelle.



Facteurs de risques

La polyarthrite rhumatoïde est une maladie auto-immune multifactorielle dont l’origine n’est pas entièrement connue2. Il existerait des gènes de prédisposition, notamment les gènes du système HLA. Des facteurs psychologiques, hormonaux, infectieux et environnementaux comme le tabac pourraient également être impliqués2,4.

 

Physiopathologie


La PR se manifeste par un dérèglement du système immunitaire et l’apparition d’auto-anticorps plusieurs années avant les premiers signes cliniques3. Ces auto-anticorps sont dirigés contre les peptides citrullinés. Si ces derniers peuvent apparaître chez tout le monde, seules les personnes atteintes de PR développent ces auto-anticorps4

Au sein de l’articulation, on observe une accumulation de cellules de l'immunité (macrophages, lymphocytes T et B), ainsi qu'une prolifération des cellules résidentes de la membrane synoviale, appelées synoviocytes. Les synoviocytes contribuent notamment à la production de cytokines (molécules de communication inter-cellulaires) pro-inflammatoires, telles que le TNFα (Tumor Necrosis Factor α), l'IL-1 (interleukine 1) et l'IL-6 - (interleukine 6), amplifiant la réaction inflammatoire3.


La PR est caractérisée par un déséquilibre entre un excès de production de cytokines pro-inflammatoires et un déficit de production de cytokines anti-inflammatoires3.  

Des cytokines favorisant l'angiogenèse (production de nouveaux vaisseaux) et la prolifération cellulaire sont également présentes dans la membrane synoviale : TGFβ, VEGF, PDGF et FGF-1 et 2. Cette angiogenèse contribue au recrutement de cellules immunitaires issues du compartiment sanguin, amplifiant la réaction inflammatoire 3.

Ces cytokines vont également entrainer l’activation des ostéoclastes qui sont les cellules effectrices des érosions osseuses observées dans la PR entraînant une destruction de l’articulation3.
 

 

  1. HAS. Guide Affection Longue Durée – Polyarthrite Rhumatoïde évolutive grave – Avril 2008
  2. SFR. Société Française de Rhumatologie. La polyarthrite rhumatoïde Disponible sur : https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide
  3. COFER. Polyarthrite Rhumatoïde. Item 192. UE7.  2018
  4. INSERM. La polyarthrite rhumatoïde. Site internet de l’INSERM. 2017.
  5. SFR. Société Française de Rhumatologie. La Polyarthrite Rhumatoïde. Comment se manifeste ma polyarthrite rhumatoïde ? 2015 Disponible sur : https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/comment-se-manifeste-la-polyarthrite-rhumatoide
  6. Haute Autorité de Santé. Polyarthrite rhumatoïde [Internet]. [cité 26 nov 2019]. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2975110/fr/polyarthrite-rhumatoide
  7. Charlotte Hua et al. Les nouveaux critères de classification ACR/EULAR 2010 pour un diagnostic plus précoce de la polyarthrite rhumatoïde. Revue du rhumatisme monographies 84 (2017) 337–342

FR-IMMR-200025 - 06/2020