La Polyarthrite Rhumatoïde débutante


Caractéristiques cliniques3

Il s’agit d’une PR diagnostiquée, évoluant depuis moins d’un an et sans traitement de fond. Dans 70 à 80 % des cas, le tableau est celui d'une polyarthrite acromélique ou distale, bilatérale et globalement symétrique, sans manifestations extra-articulaires ou systémiques, évoluant sur un mode chronique (> 6 semaines) et qui se manifeste par :

  • Douleurs articulaires inflammatoires : (réveil en fin de nuit et raideur matinale > 30 minutes), le plus souvent localisées aux poignets, aux articulations métacarpo-phalangiennes et aux articulations interphalangiennes proximales, mais aussi aux chevilles et aux articulations métatarso-phalangiennes. Les articulations spontanément douloureuses sont le plus souvent sensibles à la pression.
  • Gonflement articulaire (traduisant la présence d'une synovite et/ou d'un épanchement liquidien intra-articulaire), souvent responsable d'une limitation de la mobilité articulaire.
  • Des ténosynovites (inflammation du tendon et de la gaine synoviale qui l’entoure) peuvent être observées autour des tendons des doigts pouvant occasionner un syndrome du canal carpien ; ou sur les tendons fibulaires, en arrière de la malléole externe.


Caractéristiques biologiques3

  • Chez la majorité des patients un syndrome inflammatoire biologique avec une élévation de la vitesse de sédimentation et/ou de la CRP est retrouvé. Cependant ce syndrome n’est pas spécifique de la PR.
  • Le Facteur Rhumatoïde (FR) est habituellement présent dès les premiers signes cliniques de la maladie. La positivité du FR peut précéder l'apparition des signes cliniques de plusieurs mois à plusieurs années. La positivité du FR n'est pas spécifique de la PR et son absence n'élimine pas le diagnostic.
  • Les anticorps anti-citrullines (ACPA) sont habituellement présents dès le début de la maladie. La positivité des ACPA peut précéder l'apparition des signes cliniques de plusieurs mois à plusieurs années. A ce stade, la positivité des ACPA n’est pas spécifique de la PR.


Caractéristiques radiographiques3

Les radiographies standards sont le plus souvent normales dans la PR débutante. Elles peuvent montrer de façon précoce des lésions structurales à type d'érosions osseuses ou des pincements au niveau des mains.

 


La Polyarthrite Rhumatoïde à la phase d’état


La PR est une maladie inflammatoire générale, qui ne touche pas que les articulations. Elle peut s’accompagner d’une altération de l’état général (fièvre, amaigrissement) et de manifestations extra (ou non) articulaires.


Manifestations ostéoarticulaires 
 

Les gonflements articulaires peuvent évoluer, en l'absence de prise en charge thérapeutique précoce et efficace, vers des déformations ostéoarticulaires irréversibles, traduisant des lésions structurales. L'ensemble des articulations périphériques peuvent être touchées, ainsi que le rachis cervical. L'atteinte des mains, du poignet et de l'avant pied sont les plus fréquentes et les plus précoces.  


Manifestations extra-articulaires

Ces complications ne sont pas constantes, et sont plus ou moins sévères.

  • Les nodules rhumatoïdes (atteinte de la peau sous forme de « boule » palpée sous la peau) : ils surviennent essentiellement sur les doigts et les faces d’extension des membres (coudes, avant-bras…). Ils sont asymptomatiques, non douloureux5. Ils surviennent chez 10 à 20% des patients3.
  • Canal carpien : il se manifeste par des fourmillements dans les 3 premiers doigts de la main3.
  • Syndrome sec oculaire (sensation de sable dans les yeux…) et buccal retrouvé dans 20 % des cas3.
  • Manifestations cardiovasculaires : l'atteinte cardiaque de la PR est essentiellement représentée par des péricardites, souvent asymptomatiques. La PR est surtout associée à une augmentation de la morbi-mortalité cardiovasculaire, avec un sur-risque de maladie coronarienne ou d'accident vasculaire cérébral de l'ordre de 50 % comparativement à la population générale3.
  • L’atteinte pulmonaire et pleurale :  elle se caractérise par une inflammation de la plèvre (enveloppe du poumon). Elle peut se manifester par une douleur dans la poitrine ou dans le dos avec plus ou moins de fièvre et de toux. L’atteinte du tissu pulmonaire (appelée pneumopathie interstitielle) peut se manifester par une toux, un essoufflement à l’effort ou au repos5.
  • Une vascularite : c’est une inflammation rare des vaisseaux de l’organisme qui se retrouve dans le cadre des polyarthrites évoluant depuis de très nombreuses années et mal contrôlées par les traitements3,5.
  • Manifestations hématologiques : l’anémie inflammatoire est fréquente et corrélée à l’activité de la maladie. Des anomalies telles que des adénopathies superficielles, sont retrouvées chez 20 à 30% des patients3.
  • Lymphomes : il s’agit principalement de lymphome malins non hodgkiniens, de localisation ganglionnaire ou extraganglionnaire. Cette complication survient dans le cadre d’une polyarthrite très ancienne et mal équilibrée par les traitements3,5.

 

  1. HAS. Guide Affection Longue Durée – Polyarthrite Rhumatoïde évolutive grave – Avril 2008
  2. SFR. Société Française de Rhumatologie. La polyarthrite rhumatoïde Disponible sur : https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide
  3. COFER. Polyarthrite Rhumatoïde. Item 192. UE7.  2018
  4. INSERM. La polyarthrite rhumatoïde. Site internet de l’INSERM. 2017.
  5. SFR. Société Française de Rhumatologie. La Polyarthrite Rhumatoïde. Comment se manifeste ma polyarthrite rhumatoïde ? 2015 Disponible sur : https://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/comment-se-manifeste-la-polyarthrite-rhumatoide
  6. Haute Autorité de Santé. Polyarthrite rhumatoïde [Internet]. [cité 26 nov 2019]. Disponible sur : https://www.has-sante.fr/jcms/pprd_2975110/fr/polyarthrite-rhumatoide
  7. Charlotte Hua et al. Les nouveaux critères de classification ACR/EULAR 2010 pour un diagnostic plus précoce de la polyarthrite rhumatoïde. Revue du rhumatisme monographies 84 (2017) 337–342

FR-IMMR-200025 - 06/2020