Définition1


L’arthrite juvénile idiopathique (AJI), est une maladie chronique :

  • Caractérisée par une inflammation articulaire persistante depuis plus de 6 semaines (d’où le terme « arthrite ») chez l’enfant.
  • Qui se déclare généralement avant l’âge de 16 ans (d’où le terme « juvénile »).
  • Qualifiée d’idiopathique car l’origine de cette maladie est inconnue.

Elle se manifeste par des douleurs, des gonflements et des raideurs articulaires.

 

Épidémiologie1,2,3


L’AJI, même si c’est une maladie relativement rare, constitue le plus fréquent des rhumatismes inflammatoires de l’enfant.
Quelques chiffres sur la pathologie :

La prévalence des AJI varie de 16 à 150 enfants/100 000 (Europe et Amérique du Nord).

En France, on estime que le nombre d’enfants âgés de moins de 16 ans atteints d’AJI se situe aux alentours de 4000 patients en 2017.

On observe une prédominance féminine de la maladie.

 

Physiopathologie


La physiopathologie de l’AJI comprend 3 phases successives4.


Phase 1 : déclenchement de la maladie1,4

Le déclenchement d’une arthrite juvénile idiopathique impliquerait des facteurs génétiques prédisposants.


Un lien fort existerait entre l’AJI et les gènes du système HLA :

  • Les gènes du système HLA jouent un rôle central dans le fonctionnement du système immunitaire.
  • En cas de mutation de ces gènes, un dérèglement du système immunitaire se produit. Ces prédispositions génétiques, seules, ne suffisent pas pour déclencher la maladie.

Des facteurs environnementaux, comme des agents infectieux, sont également impliqués. Lorsque les facteurs génétiques et environnementaux sont réunis, ils activent une réponse immunitaire incontrôlée, qui se traduit par une réaction inflammatoire chronique de la membrane synoviale des articulations.


Phase 2 : inflammation de la membrane synoviale1,4,5

Les mécanismes de l’inflammation pathologique de la membrane synoviale sont les suivants :

  • Les monocytes, les neutrophiles et les lymphocytes T activés sont attirés sur le lieu de l’inflammation :
    • Ils sécrètent en grande quantité des cytokines pro-inflammatoires.
    • Ils sécrètent également un médiateur qui induit l’apparition de lymphocytes T (LT) auto-réactifs pouvant mener au développement de réactions auto-immunes (dirigées contre soi-même).
  • L’IL-1 et le TNFα entraînent l’hyperprolifération des synoviocytes, conduisant au développement du pannus synovial (responsable de la douleur). Les synoviocytes produisent à leur tour du TNFα, des IL-1 et des IL-6 qui vont agir sur les LT : une boucle d’activation des LT s’établit.
  • Les cytokines activent d’autre part les lymphocytes B (LB), qui sécrètent des anticorps très caractéristiques de l’AJI : les anticorps anti-nucléaires (ou AAN), le facteur rhumatoïde (ou FR) et les anticorps anti-peptides citrullinés (ou anti-CCP).


En parallèle, l’inflammation mène au développement de la vascularisation de la membrane synoviale, induite par la libération de facteurs de croissance de l’endothélium vasculaire (ou VEGF). Ce phénomène, appelé angiogenèse contribue à l’épaississement de la membrane synoviale devenant spongieuse et formant le « pannus synovial ».
 

D’après Wedderburn L et Nistala K. Etiology and pathogenesis of Juvenile Idiopathic Arthritis. Rheumatic Diseases of Childhood, partie 16, chapitre 106 , pages 1741-1751.

 

Phase 3 : destruction ostéo-cartilagineuse4,6

Si l’inflammation n’est pas traitée à temps, l’AJI évolue vers le développement de graves lésions articulaires au niveau de l’os et du cartilage.

En effet, les cytokines pro-inflammatoires libérées lors de l’inflammation vont induire ces lésions en agissant au niveau :

  • Des ostéoclastes, qui sont les cellules responsables de la destruction de l’os et donc des érosions visibles à la radiographie,
  • Des chondrocytes, cellules composant le cartilage, produisent des métalloprotéases (ou MMP) responsables de la destruction du cartilage.

Ces dommages structuraux contribuent à l’impotence fonctionnelle et au handicap.

D’après : Wedderburn L et Nistala K. Etiology and pathogenesis of Juvenile Idiopathic Arthritis. Rheumatic Diseases of Childhood, partie 16, chapitre 106 , pages 1741-1751.
et Rannou F et al. Dégradation du cartilage et polyarthrite rhumatoïde.Revue du Rhumatisme 72 (2005) 322 - 330

 

 

  1. PRINTO. Arthrite Juvénile Idiopathique [Internet]. 2016 [cité 17 mars 2020]. Disponible sur: https://www.printo.it/pediatric-rheumatology/FR/info/2/Arthrite-Juv%C3%A9nile-Idiopathique
  2. RAISE. Protocole National de Diagnostic et de Soins (PNDS) - Arthrites Juvéniles Idiopathiques. 2017; Disponible sur: https://www.has-sante.fr/upload/docs/application/pdf/2017-10/pnds_-_arthrites_juveniles_idiopathiques.pdf
  3. Chédeville G. Petit guide de l’arthrite juvénile idiopathique. Le rhumatologue. 2011;(9):1-12. 
  4. Wedderburn L, Bending D, Nistala K. Etiology and Pathogenesis of Juvenile Idiopathic Arthritis. In: Rheumatic Diseases of Childhood. 2017. p. 1816‑25. 
  5. Hahn YS, Kim JG. Pathogenesis and clinical manifestations of juvenile rheumatoid arthritis. Korean J Pediatr. 2010 Nov;53(11):921-30.
  6. Rannou F, François M, Corvol MT, Berenbaum F. Dégradation du cartilage et polyarthrite rhumatoïde. Rev Rhum. 2005;72(4):322 330.

FR-IMMR-200018 - 06/2020