Vous allez avoir l’occasion de visualiser des applications de l’échographie gastro-intestinale au travers de cas cliniques. Parcourez ces applications dans la maladie de Crohn et dans la rectocolite hémorragique (RCH) grâce aux boutons ci-dessous :


  


Lors de la réalisation d’une échographie chez un patient présentant une rectocolite hémorragique, les critères suivants doivent être recherchés1 :

  • Signes indicateurs d’inflammation aiguë1
  • L’extension de la maladie est-elle limitée au côté gauche du côlon ou d’autres zones sont-elles touchées ?1
  • Anomalies associées à une atteinte chronique (aspect de l’intérieur du tube/absence d’haustrations)1

Il faut toutefois se rappeler que l’étendue de l’inflammation peut être sous-estimée, car les modifications inflammatoires de la rectocolite hémorragique se limitent souvent à la muqueuse. Par conséquent, les modifications morphologiques à l’échographie ne sont généralement pas aussi prononcées que dans la maladie de Crohn.1

D’autres examens diagnostiques tels que la sigmoïdoscopie et la mesure de la calprotectine fécale doivent être pratiqués si les symptômes suggèrent un épisode aigu malgré un examen échographique normal.

Néanmoins, on observe souvent à l’échographie des signes morphologiques d’épaississement inflammatoire de la paroi intestinale qui peuvent être utilisés comme référence pour le suivi1. S’il existe des signes échographiques de pancolite sévère, l’évolution sous traitement peut facilement être surveillée par échographie1. La cicatrisation de la muqueuse progresse de l’extrémité proximale vers l’extrémité distale et, dans de nombreux cas, peut être vérifiée par les modifications morphologiques7.


Exemple :

  • Patiente de 28 ans présentant un épisode aigu de rectocolite hémorragique (diagnostiquée il y a 4 ans)
  • Diarrhée sanglante depuis 10 jours avec douleurs abdominales paroxystiques
  • Leucocytes : 13,5/nl, CRP : 13 mg/dl

En cas de modifications chroniques de la muqueuse du côlon, elles peuvent, dans une certaine mesure, également être vues à l’échographie. Le phénomène de la perte des haustrations ainsi que l’aspect tubulisé qui en résulte peuvent être visualisés. Une atteinte hyperéchogène de la sous muqueuse peut aussi être observée. Des complications de la rectocolite hémorragique, comme un mégacôlon toxique, la formation d’ascite et une perforation intestinale, peuvent également être vus à l’échographie. À cette fin, un examen échographique peut facilement être utilisé comme méthode non invasive de suivi1.


Mise en garde : lors de l’examen échographique pratiqué chez un patient atteint de rectocolite hémorragique présentant des symptômes aigus, il est important de se rappeler qu’une poussée de RCH ne peut être distinguée d’un épisode aigu de colite infectieuse (p. ex. EHEC, CMV ou Clostridium difficile). Si des symptômes atypiques suscitent des doutes concernant un épisode aigu, d’autres examens diagnostiques doivent être pratiqués.


Épisode aigu : épaississement pariétal hypoéchogène dans le sigmoïde avec augmentation de la perfusion (Limberg III)

Paroi intestinale de nouveau normale après 4 semaines de traitement (1,8 mm)

Paroi intestinale après 2 semaines de traitement (plus fine, diminution de l’épaisseur pariétale : 5,1 mm)

1. Colite chronique gauche : gonflement de la paroi intestinale, absence d’haustrations
2. Lumière intestinale hyperéchogène


  1. Bryant RV et al. Gastrointestinal ultrasound in inflammatory bowel disease: an underused resource with potential paradigm-changing application. Gut. 2018; 67(5):973- 985.
  2. Nylund K et al. EFSUMB Recommendations and Guidelines for Gastrointestinal Ultrasound. Ultraschall Med. 2017;38(3):273-284.
  3. Sturm A et al., European Crohn’s and Colitis Organisation [ECCO]; European Society of Gastrointestinal and Abdominal Radiology [ESGAR]. J Crohns Colitis 2018,1-18 Epub ahead of print.
  4. Socaciu M et al. Non-Invasive Assessment of Inflammation and Treatment Response in Patients with Crohn‘s Disease and Ulcerative Colitis using Contrast-Enhanced Ultrasonography Quantification. J Gastrointestin Liver Dis. 2015;24(4):457-65.
  5. Kucharzik T, Maaser C Intestinal ultrasound and management of small bowel Crohn‘s disease. Therap Adv Gastroenterol. 2018;11:1-13
  6. Calabrese E et al. Accuracy of small-intestine contrast ultrasonography, compared with computed tomography enteroclysis, in characterizing lesions in patients with Crohn‘s disease. Clin Gastroenterol Hepatol. 2013;11(8):950-5.
  7. Maaser C et al. ECCO-ESGAR Guideline for Diagnostic Assessment in Inflammatory Bowel Disease. J Crohns Colitis 2018, 1-32 Epub ahead of print. 
  8. Kratzer W et al. Contrast-enhanced power Doppler sonography of the intestinal wall in the differentiation of hypervascularized and hypovascularized intestinal obstructions in patients with Crohn‘s disease. J Ultrasound Med. 2002;21(2):149-57;158-9.
  9. Ripollés T et al. Contrast-enhanced ultrasound in the differentiation between phlegmon and abscess in Crohn‘s disease and other abdominal conditions. Eur J Radiol. 2013;82(10):e525-31.
  10. Ripollés T et al. Effectiveness of contrast-enhanced ultrasound for characterisation of intestinal inflammation in Crohn‘s disease: a comparison with surgical histopathology analysis. J Crohns Colitis. 2013;7(2):120-8.

FR-IMMG-200065- 01/2021